Au départ
LeVéLIB’DéCHAîNé
Projet déposé
Note d’intention de départ
Des mois après la mise en place du vélo en libre service à Paris, un vent de liberté souffle toujours sur la capitale… Les stations se sont multipliées, et l’on voit des vélibs se balader partout, roulant sur les chaussées et sur les pistes, se faufilant entre les voitures, risquant gros pour grignoter carrefours et trottoirs, perçant la nuit des lumières clignotantes de leurs phares ou sagement alignés dans leurs stalles de départ.
Pour le parisien qui a adopté ce nouvel animal, plus besoin d’attendre le bus, de se zipper dans les rames du métro, de chercher indéfiniment une place pour garer sa voiture, ni même de réparer une chaîne cassée… le vélibeur est vraiment le roi, le roi de sa petite reine !
Si le vélib’ est un sport qui se pratique seul, il a aussi incontestablement créé du lien entre ses adeptes, et plus, si affinités… Communiquer sur l’art et la manière d’obtenir un ticket, de baisser la selle, d’utiliser l’antivol, se renseigner sur les stations voisines, passer l’engin dont on ne se sert plus au suivant… à la supercanon de suivante… sont autant de façons de dialoguer, de rompre l’isolement citadin : un langage inédit (être « apiedlib », quel « véloser » celui-ci !), des codes particuliers ont vu le jour dans la communauté des vélibeurs. Et des amourettes fleurissent autour des stations…
Des petits flirts, des mini conflits aussi ! ou des gros ! Car tout ne roule pas toujours comme on le voudrait - même le vélib’ -, et le parisien reste un personnage, disons, impatient… - même vélibeur.
Prises de vélib’ et prises de tête, resquilles à la borne, rencontres entre vélibeurs plus ou moins éclairés, accrochages, sont autant de scènes de la vie quotidienne à Paris, de crises « politiques ». Elles sont toutes révélatrices des petites manies ou des grands travers de ses habitants, de leurs désirs, de leurs frustrations, de leurs différences sociales, religieuses, raciales, de leur individualisme, de leurs percées de gentillesse, de leur quête inlassable du bonheur.
Je suis moi-même consommatrice immodérée du vélo en libre-service.
Je parle souvent vélib’ avec mes amies.
De ces anecdotes racontées et entendues « entre filles », cocasses, absurdes, ou plus touchantes, j’ai voulu écrire, avec un point de vue de fille, de parigote, des histoires culottées sur le vélib’.
Ce qui ne veut pas dire que les hommes en seront absents ; ils auront à répliquer à ces effrontées… Seront mis en scène des citadins de tous poils, propulsés sur deux roues, ou témoins d’aventures vélibiennes : des grassouillets en jogging, des efflanquées au régime, des bobos, des chômeurs, des bobos au chômage, des lycéennes délurées, des baba-cool ménopausées, des flics et des fliquettes, des bourges, des mal-logés, des mal dans leur peau, des chauffeurs de bus, des chauffardes, des cadres archistressés, des travelos mal rasés…
Le héros récurrent sera toujours le vélo en libre service - certaines histoires pourront être transposées à Lyon, Toulouse, Rennes, Bordeaux.. où vivent les cousins germains du vélib’.
Pour illustrer ces saynètes, j’ai imaginé la forme du roman-photo.
Un style kitsch et provocant, qui permettra, dans une échappée belle, de se détacher du réalisme.
Les scénarii, de durées diverses, seront développés sous formes de planches, où chaque vignette sera une photo illustrant la situation, les dialogues apparaissant dans des bulles.
Les photos seront en couleur.
A part quelques plans généraux, elles seront cadrées sur les personnages, joués par des comédiens qui n’hésiteront pas à être démonstratifs, voire expressionnistes.
Paris, les rues de Paris n’apparaîtront que dans les plans d’ensemble. La ville sera suggérée dans les plans plus serrés par un panneau de signalisation, un bout de caniveau, des pavés… et bien sûr par les bornes et bornettes Vélib’ qui seront souvent à l’image.
Le texte des cartouches présentera la situation générale, de façon décalée.
Le dialogue sera le plus incisif possible. Il forcera le trait.
Je me servirai également de tous les trucs bédéistes pour l’illustration sonore : onomatopées (splash, bing, boum), taille de police qui change quand un personnage se met à crier, etc…
Chaque histoire sera indépendante des autres, et aura un titre.
LeVéLIB’DéCHAîNé pourra être diffusé sur le net, publié dans des magazines, édité sous forme d’album… Les pistes sont nombreuses ! et l’on peut espérer pour cette série le même succès qu’a connu le vélib lui-même.
LeVéLIB’DéCHAîNé, roman-photo, ou comment vivre à Paris, dans cette métropole pleine de contrastes et de contradictions, de bruit et de fureur…
Martine Legrand
martine@levelocerosse.com
le projet a été déposé à la SCAM sous le numéro 2008100020